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Quand la Terre Raconte son Histoire : Les Coulées Millénaires de Mon Exploitation

Si l’on pense souvent au Piton de la Fournaise dans sa phase actuelle (phase IV, celle des éruptions dans l’Enclos), mon exploitation, repose en fait sur un témoignage géologique beaucoup plus ancien. Grâce aux recherches d’un ami passionné par la volcanologie Mr Alain BERTIL, je peux enfin mettre un âge sur la roche qui soutient nos cultures.

         Un Sol Ancien : La Série de La Plaine des Sables (Phase III)

La carte volcanologique de notre secteur révèle que les coulées de lave qui affleurent sur ma propriété sont loin d’être récentes. Elles sont rattachées à ce que l’on appelle la série de La Plaine des Sables, une période intense de l’activité du Piton de la Fournaise.

PériodeÂge EstiméPhase du VolcanCaractéristique Clé
Mon ExploitationEnviron 5 000 ansPhase IIICoulées affleurantes et très étendues, issues d’un centre volcanique situé à La Plaine des Sables.
Période AncienneJusqu’à 65 000 ansPhase IIICoulées sous-jacentes, formant le socle du massif Est et Sud.
Période ActuelleDe 450 ans à aujourd’huiPhase IVCoulées récentes (1708, 1977, Piton Nelson) qui se sont concentrées dans et autour de l’Enclos.

L’Explication Géologique

  • L’Âge du Sol : Mon ami penche pour l’âge plus jeune, soit environ 5 000 ans, car ce sont des coulées affleurantes (de surface). Cela en fait une roche relativement « jeune » à l’échelle géologique, mais déjà passablement altérée par les intempéries.
  • L’Origine : Ces laves ne proviennent pas d’un cratère local, comme on peut en voir d’autres à Sainte-Rose (Pitons Moka ou Balmann). Elles ont voyagé depuis un centre volcanique alors situé à l’emplacement actuel de La Plaine des Sables, un fait qui témoigne de la transformation du Piton de la Fournaise au fil des millénaires.

Conclusion de Mr BERTIL Alain : Ma propriété se trouve donc en périphérie des coulées modernes de la Phase IV (comme celle de 1977, un peu plus au Sud), et reste un témoin préservé des éruptions de la Phase III.

         Le Beau Témoignage de la Ravine Bonne Espérance

Le caractère ancien et non recouvert de ces laves de 5 000 ans a une conséquence très visible et spectaculaire juste en bordure de ma parcelle : la ravine Bonne Espérance.

L’eau, au fil des millénaires, a eu tout le loisir de sculpter la roche basaltique. On y trouve aujourd’hui de nombreuses « marmites » (ou cuvettes d’érosion).

  • 5 000 Ans de Travail : Ces marmites sont le résultat d’un travail d’érosion très lent, mais continu. Durant 5 000 ans de crues cycloniques et de fortes pluies, l’eau a creusé inlassablement la lave.
  • La Preuve de l’Ancienneté : Le fait qu’aucune coulée moderne n’ait recouvert ces formations les rend d’autant plus précieuses. Elles constituent un magnifique témoignage du passé éruptif et hydrographique de notre secteur, et soulignent l’importance de la gestion de l’eau sur nos sols.

         Une Haie Contre la Mémoire du Passé

Cette étude géologique nous rappelle que notre sol est à la fois fertile et fragile.

  • Le Sol « Jeune » : Même si ces coulées sont anciennes, elles ne sont pas si profondément altérées que d’autres sols. Les pluies intenses (comme celles du cyclone Garance) peuvent facilement emporter la mince couche de terre fertile qui s’est formée sur ce basalte.
  • La Solution : Cela donne une importance encore plus grande à notre haie anti-érosive (évoquée dans l’article sur le Pacte Haie). En ralentissant le ruissellement et en retenant les sédiments, la haie ne fait pas que protéger nos cultures d’aujourd’hui : elle préserve 5 000 ans de travail géologique en maintenant la terre en place.

Mon travail d’agricultrice sur ce sol, c’est de lier ce passé millénaire à un avenir durable.

Mes remerciements à Mr Alain BERTIL pour précieux travail.

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